Les hommes sont-ils tous des violeurs ?
Entre biais des IA et manipulations, Malédicte décortique avec audace la pertinence des infos sur le Net. Une réflexion argumentée à lire sans modération.
De la pertinence des informations récoltées sur le net, IA comprises.
Voici une affirmation que les plus extrêmes des féministes peuvent scander avec conviction. Je suis du genre à pouvoir tout entendre sans m’offusquer, mais quelles sont les bases d’un tel raisonnement ? Toute femme côtoie au moins un homme qui ne l’a pas violée. Personnellement, je n’en ai rencontré aucun qui ne m’ait, ne fut-ce que touchée contre mon gré, à mon insu. Imaginer, mon père ou mon mari, violer une femme me parait invraisemblable. Selon mon expérience, il est aisé de comprendre que tous les hommes ne sont pas des violeurs. Au contraire, certains usent aussi d’un respect irréprochable et parfois d’une admiration sincère.
Il n’est pas question pour moi de prendre parti, de choisir mon camp. Je ne vais pas supporter tous les hommes, les défendre, ni les évincer au nom d’une fraction d’entre eux. Je ne le nie pas, certains violent et récidivent même. Beaucoup restent impunis, ce qui semble intolérable. Mais il m’est impossible de cataloguer une moitié de la population dans une catégorie qui ne convient pas. Je privilégie le cas par cas.
Alors pourquoi en sommes-nous arrivés à cette conclusion ? Tous les hommes seraient des violeurs.
Comment internet façonne notre éducation
Je m’offusquais dans mon article sur les tourterelles de la platitude et niaiserie des renseignements trouvées sur le Net. C’était il y a deux ans. Le monde évolue vite, les mentalités, les croyances, le code de bienséance. Nous sommes passés de la platitude à l’endoctrinement en un claquement de doigts. Si l’on peut se contenter d’apprendre que les tourterelles sont des oiseaux trop mignons, on peut effectivement intégrer une information simple, sans nuances. Tous les hommes sont des violeurs.
Avez-vous déjà fait le test ? J’aime réaliser des essais. Pour voir. Pour s’en rendre compte. Entamez une recherche aujourd’hui, formulez une requête, un prompt bien précis, recensez les réponses et les sites qu’on vous propose et recommencez dans 6 mois, dans un an. Vous ne trouverez plus rien de ce que vous avez obtenu la première fois. Vous récolterez même des affirmations contraires. Je considère ça comme dingue. Le net est un ramassis d’arguments approximatifs, de fausses informations, de plus en plus. Une manne providentielle pour porter des propos fallacieux, induire en erreur. Rien de plus simple que pour faire passer les idéologies les plus absurdes. Tous les hommes sont des violeurs.
Bref, dénicher un renseignement authentique relève de l’enquête. Ne pas se contenter de la première réponse reçue, creuser, mettre les moteurs de recherche à rude épreuve, contredire les IA afin d’obtenir une substance vérifiée et croisée de multiples fois, une matière première et pas mille fois remâchée. Il n’y a rien de plus dangereux que d’avaler tout ce qui se dit, sans mener ses propres investigations. Toutes ces affirmations minimalistes font peur et enferment tout qui y croit dans une bêtise sans nom. On finit par se méfier et détester tout le monde.
L’exemple de la politique de l’enfant unique : un succès
Dans les affirmations trompeuses, la politique n’est pas en reste, bien au contraire. Elle est même maitre en la matière.
Je me suis toujours posé la question de la pertinence des choix des élus. Je crois l’Homme incapable de maitrise à grande échelle, quel que soit le sujet. De mon point de vue, la politique n’a aucune réponse pour gérer l’humanité, la nature, la Terre dans son ensemble, le climat ou l’environnement.
Un exemple flagrant qui me conforte dans cette pensée est celui de la politique de l’enfant unique.
La politique chinoise mise en place entre 1979 et 2015 a entrainé une diminution significative du taux de natalité. Voici une conclusion entendue à maintes reprises. Il a suffi de la répéter quelques fois pour que tout le monde en soit convaincu. La chine serait un modèle de gestion efficace.
Une baisse, oui, mais sans jamais atteindre la cible première.
J’ai toujours eu un gros doute. Je ne pense pas l’homme capable de maitriser quoique ce soit à grande échelle. Contraindre l’humanité à une volonté unique sans conséquences mesurées. Cette phrase comporte deux erreurs de jugement récurrentes en politique. Contraindre n’a jamais porté de fruits, chassez le naturel et il revient au galop. Mesurer les conséquences, comment pourrait-on mesurer quelque chose qu’on ignore. Le politique est comme l’Homme, il n’est pas omniscient. À l’échelle de l’infini, il ne connait presque rien. Beaucoup de paramètres lui échappent encore et il ne l’admet toujours pas.
Concernant les Chinois, un simple exercice de vérification me plait à réaliser.
Une loi de l’enfant unique devrait résumer le taux de natalité à 0,5, soit un enfant pour deux parents. La population ainsi soumise devrait diminuer d’une génération à la suivante, rapidement et efficacement. C’est mathématique, mais surtout théorique. Il suffit de contraindre l’homme à n’avoir qu’un seul bébé pour qu’il en désire cinq et en conçoive dix. La contrainte n’a jamais mené à rien de très constructif. Elle est soit limitante, soit créatrice de divergences. Cette dernière option m’anime davantage.
Voici l’évolution démographique chinoise entre 1979 et 2015.
- 1979 : 969 005 000 à 980 000 000, suivant les sources.
- 2015 : 1 370 000 000 à 1 400 000 000 suivant les sources.
1979, je me souviens. J’étais gamine, mais on en parlait beaucoup de cette Chine féconde. Le gouvernement ne voulait pas dépasser la barre du milliard. Elle le sera pourtant trois ans plus tard, en 1982. On en riait aussi, Roland Magdan, populaire à l’époque, conseillait, dans un de ses sketches, de ne pas avoir plus de 4 enfants, car un enfant sur cinq était chinois, disait-on.
420 000 000 Chinois de plus en 36 ans, cela nous donne une croissance approchant 1,43, contre 0,5 espérés. Elle était de 1,93 sur les 36 années précédentes. Le nombre d’habitants en Chine était de 500 millions en 1943, soit un bon de plus de 400 millions tous les 36 ans, vous parlez d’un ralentissement.
Non seulement la cible a été loupée, la contrainte n’a pas vraiment été respectée, et de multiples effets indésirables sont aussi apparus.
Les 150 millions d’enfants uniques ont accéléré le vieillissement naturel de la population. La famille s’est vue réduite à peau de chagrin. Fini les oncles et tantes, les cousins et cousines, autant de mots rayés du vocabulaire, non par censure, mais par manque d’usage. Chaque regard ne convergeait plus que vers un seul enfant, celui de deux parents, de quatre grands-parents et de huit arrière-grands-parents.
Ce déclin s’est accompagné d’une augmentation d’avortements et d’abandons de petites filles principalement. Dans la Chine rurale, c’est le fils qui s’occupe des parents lorsqu’ils sont trop vieux que pour travailler. Il n’y a pas de retraite, pas de maisons de repos. Engendrer une fille unique revenait à se retrouver délaissé pour ses derniers jours, un risque que les couples ne souhaitaient pas prendre.
Une population vieillissante composée d’une majorité d’hommes, de fils à papa surprotégés et gâtés, voilà ce à quoi la Chine a dit non en 2015. 36 ans auront été nécessaires pour accepter l’erreur et faire machine arrière. En Europe, nous connaissons ce même retour au sujet du nucléaire. C’est bien quand l’homme sait reconnaitre ses torts. Cela devrait arriver plus souvent. Aujourd’hui, les renoncements existent uniquement pour se positionner par rapport à son prédécesseur, son opposant, jamais pour faire avancer le monde.
Si choisir, c’est renoncer, renoncer c’est aussi mieux choisir, si on se donne la peine de réfléchir à l’essentiel plutôt qu’à son égo.
Vraisemblablement, les exemples ne suffisent pas à enseigner à l’homme qu’il n’est rien et qu’il n’y peut rien. La maitrise est une fable. Vouloir simplifier, lisser, le monde à l’extrême n’est qu’une application pitoyable de la politique de l’autruche, la seule dont les plus craintifs osent user. La politique d’aujourd’hui n’apporte aucune solution, elle ne résout pas les problèmes, elle les détruit. Les immigrés volent, pillent et tuent. Chassons les immigrés. Tous les hommes sont des violeurs.

Tous les hommes ne sont pas des violeurs.
La société patriarcale est fondée sur des croyances, celles de l’homme protecteur et décideur, celle de la possession et des obligations.
Depuis quelques dizaines d’années, on souhaite s’en affranchir. Mais plutôt que de revoir la copie sobrement, proprement, on élabore de nouvelles doctrines : tous les hommes sont des violeurs et toutes les femmes sont des victimes.
Est-ce raisonnable ? Qu’avons-nous gagné ?
Personnellement, ces nouvelles idées imposées me mettent particulièrement mal à l’aise. Le tout un chacun qui juge se trompe autant à condamner qu’à gracier les présumés innocents ; se fourvoie autant à protéger qu’à condamner les présumées victimes. Je considère depuis toujours qu’une affaire de mœurs ne concerne que les protagonistes et pas la justice. Ce serait idéal d’instaurer un nouveau système qui les oblige à laver leur linge sale entre eux plutôt que d’investir les tribunaux qui n’y connaissent rien puisque les preuves manquent à tous les coups. Il suffit de croire la version de l’un ou de l’autre suivant ses propres convictions. C’est pénible quand la presse s’en mêle, alors que dire si ce sont les réseaux sociaux. J’en suis malade.
Tous les hommes sont des violeurs.
Il y a deux ans déjà, offusquée par la croyance populaire, je devais mener l’enquête. Il m’importait de connaitre la part de violeurs parmi les hommes. Quelle ne fut pas ma surprise de ne trouver presque rien sur ce sujet précis en épluchant le fil des réponses à ma première question ! Le Net ignorait que l’homme était un violeur potentiel. Tous les articles répertoriés ne relataient que des hommes victimes de viols, un pourcentage mineur, certes, mais oui, cela existe aussi. On s’interroge sur les violeurs et on obtient uniquement des informations sur les violé·es.
Pour supprimer le viol, il suffit de supprimer le violeur. Se passer d’en parler ou de le mentionner donne cette illusion de son inexistence.
Aujourd’hui, on ne considère plus que le point de vue des victimes, on finit par effacer le criminel. La politique de l’autruche est omniprésente, plus que jamais. Éliminer les violeurs est la meilleure façon d’épargner les violé·es. C’est tellement simple. Pourquoi n’y avais-je pas pensé ?
Il y a deux ans donc, des heures de recherches m’avaient enfin apporté ce maigre butin : 1 à 8 % des hommes sont des violeurs — supposés — et seulement 0,1 % sont jugés. Vous conviendrez que nous n’approchons pas tout à fait les 100 %, même si on peut raisonnablement mettre en doute la justesse de ces proportions. Les hommes qui avouent et assument leurs actes sont soit pris en flagrant délit, soit déjà perdus. Les autres continuent de jouer aux angelots.
Depuis la généralisation de l’IA et de l’utilisation de ChatGPT, Google IA, Claude, ou que sais-je, l’accès à l’information parait plus simple. Il m’a plu de reposer la question. Peut-être que ces nouvelles intelligences en connaissent plus que les moteurs précédents, même si tout ce petit monde brasse la même mélasse.
« Quel est le pourcentage de violeurs parmi les hommes ? »
ChatGPT, après de multiples pincettes et nuances, juridiques et scientifiques, notamment, donne ce résumé :
- Juridiquement : bien en dessous de 1 %, mais ne correspond à aucune réalité, car une grande partie des viols ne sont pas dénoncés et parmi les accusations, seule une minorité aboutit à une condamnation.
- Scientifiquement, recherches sociologiques : 4 à 8 % des hommes reconnaissent avoir commis un viol.
- La majorité des hommes ne commet pas de viol.
Google IA énonce qu’il n’existe pas de pourcentage universel, mais 90 % des agressions sexuelles sont perpétrées par des hommes, telles sont les conclusions recensées de la police.
Le fil de la recherche donne une suite d’articles autour des hommes violés, comme il y a deux ans.
Toujours la même mélasse. Cette fois, c’est bien prouvé. Il n’y a pas besoin de faire le grand écart pour passer de 90 % des viols sont commis par des hommes à tous les hommes sont des violeurs. La boucle est bouclée, certes, et la conclusion est effrayante. Les informations véhiculées, à force de réserves et de pincettes, à coup de téléphone arabe, sont fausses. Vouloir établir des statistiques de vies privées est un leurre. Nous n’aurons jamais la certitude des chiffres, car il n’y a pas de chiffre. Nous ne pouvons dès lors que nous fier à notre bon sens. Nous, les femmes, arrêtons une bonne fois pour toutes d’être manipulées. Continuons à aimer les hommes, si tel est notre ressenti, à apprécier leur tendresse et leur délicatesse, à nous émouvoir face à leurs doutes et à leurs hésitations, car NON, tous les hommes ne sont pas des violeurs.


