L’écriture inclusive sabote-t-elle notre langue ?

Point médian, "iel", langage épicène : l'écriture inclusive prétend inclure mais exclut massivement. Analyse sans concession d'un sabotage linguistique.

Ils arrivent la nuit, par petites touches. Un point médian par-ci, un « iel » par-là. L’écriture inclusive s’immisce dans nos textes comme un virus informatique, discrètement mais sûrement. Et quand on s’en aperçoit, il est déjà trop tard : nos administrations, nos universités, nos entreprises parlent désormais ce charabia informe qu’on nous présente comme le summum du progrès. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? D’une révolution linguistique ou du sabotage organisé de notre langue ? Spoiler : c’est la deuxième option.

L’écriture inclusive débarque avec ses gros sabots militants, mais parée des plus nobles intentions. « Il faut inclure tout le monde ! » « La langue française est sexiste ! » « Nous défendons l’égalité ! » Qui oserait contester de si beaux principes ? C’est exactement le piège. Critiquer l’écriture inclusive, c’est immédiatement être catalogué rétrograde, phallocrate, réactionnaire. Le débat est tué dans l’œuf par la culpabilisation. Technique éprouvée des nouveaux censeurs : on ne discute pas, on moralisе.

Résultat ? Cette écriture s’impose partout sans jamais avoir été démocratiquement débattue. Les fonctionnaires reçoivent leurs directives, les profs leurs consignes, les salariés leurs formations. Point médian obligatoire, résistance interdite. Et c’est ainsi que la France est grande.

L’arnaque de l’inclusion

Parlons peu, parlons bien : l’écriture inclusive exclut massivement. Elle dresse une barrière invisible mais redoutable entre les initiés qui maîtrisent ce sabir complexe et tous les autres. Les dyslexiques ? On s’en fout, ils n’ont qu’à s’adapter. Les personnes âgées qui peinent déjà avec l’orthographe traditionnelle ? Qu’elles crèvent en silence. Les étrangers qui apprennent notre langue ? Tant mieux, ça fera moins de monde à intégrer.

L’écriture inclusive, c’est l’écologie du langage version bobos parisiens : une posture de classe supérieure qui se donne bonne conscience en emmerdant les classes populaires. Pendant que l’élite progressiste se gargarise de ses « travailleur·se·s » et de ses « citoyen·ne·s », les vrais gens galèrent encore plus pour maîtriser une langue déjà complexe. Belle leçon d’égalité ! On prétend défendre les opprimés en leur compliquant davantage la tâche. George Orwell aurait adoré.

Des figurines assises contemplatives sur un trotoire en béton qui paraît être un mur très haut

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : contrôler la pensée en contrôlant les mots. L’écriture inclusive participe de cette entreprise totalitaire douce qui caractérise notre époque. On ne brûle plus les livres, on pourrit la langue. Chaque point médian est un pas de plus vers la normalisation des esprits. Chaque « iel » une victoire de l’idéologie sur le bon sens. L’objectif ? Liquider l’ancienne France, celle qui osait encore penser librement, pour la remplacer par une société d’individus interchangeables, déconstruits, soumis.

Léna Rey l’explique parfaitement dans « Déwox » : ces manipulations linguistiques visent moins à libérer qu’à asservir. L’écriture inclusive n’émancipe personne. Elle dresse les communautés les unes contre les autres et transforme la langue en champ de bataille identitaire.

Résistance !

Heureusement, la résistance s’organise. Sourde mais tenace. Elle vient de partout : écrivains qui refusent de massacrer leur prose, enseignants qui privilégient la clarté sur l’idéologie, parents qui ne veulent pas que leurs enfants apprennent ce charabia. L’Académie française a parlé de « péril mortel ». Elle a eu mille fois raison. Car il s’agit bien de cela : sauver notre langue de ceux qui veulent la détruire au nom du Bien. La vraie révolution ne viendra pas des bureaux ministériels ou des comités d’experts en genre. Elle naîtra de l’usage populaire, de la créativité vivante, de la transmission fidèle. Car la langue appartient à ceux qui la parlent, pas à ceux qui la torturent.

L’écriture inclusive nous révèle donc ce qu’elle est : non pas une révolution linguistique, mais l’arme d’une idéologie qui veut nous faire taire. Elle ne révolutionne rien, elle sabote tout. Face à cette entreprise de destruction, notre devoir est simple : résister. Écrire français, parler français, transmettre français. Sans point médian, sans « iel », sans concession aux nouveaux censeurs.

La langue française survivra à ses fossoyeurs. À condition qu’on arrête de leur faciliter le travail.

Image de Valérie Gans

Valérie Gans

Écrivaine prolifique, Valérie Gans a publié une vingtaine de romans qui explorent les dynamiques contemporaines de la famille et des relations entre les sexes, capturant l’air du temps avec un regard tantôt critique, tantôt empathique. Son œuvre montre une vie dédiée à l’expression libre et à l’exploration des complexités humaines à travers les mots.
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